Draculea, Vlad Tepes III, une légende des Carpates

Publié le par Daniel Hubinon

Draculea, Vlad Tepes III, une légende des Carpates

De la vérité au folklore, l'itinéraire d'un souverain au destin singulier.

Préambule

La chronologie fluctuant selon les sources, nous suivrons la plus logique en précisant :

Au moyen âge en absence de registres, les événements sont situés approximativement en fonction des saisons ou en référence au règne d'un pape ou d'un monarque.

L'orthographe des noms varie en fonction des références d'époque ou antérieures.

Les origines

Fils de Vlad II, dit le diable, gouverneur de Transylvanie Draculea (fils du diable en roumain) voit le jour en hiver 1431.

La Roumanie est alors constituée de trois provinces, à l'est la Moldavie, sur le Danube au sud la Valachie et au nord la Transylvanie séparée par les Carpates.

La Transylvanie était sous dépendance Hongroise, les deux autres, autonomes constituaient le dernier rempart face à l'empire Ottoman qui menace l'Europe et les intérêts catholiques.

Le père et le fils

En 1436 devenant prince de Valachie Vlad II va négocier la paix avec l'empire, il rencontre à cet effet le puissant sultan Murad II, et d'emblée les accords semblent prendre une tournure engageante.

Néanmoins face aux exigences Vlad II, en gage d'amitié et de "soumission" va confier deux de ses fils à la garde du sultan qui les emmène en Turquie.

Vlad III y restera jusqu'en 1448, Radu son frère jusqu'en 1462, rentré au pays Vlad va découvrir les atrocités du prince Vladislav II qui pour s'assurer le pouvoir a assassiné son père, torturé et enterré vivant son frère ainé Mircea.

Il lève une armée et lance plusieurs campagnes contre l'usurpateur afin de reconquérir le trône ce qu'il fera après avoir tué le prince.

Son exil en Turquie le retour dramatique au pays ont vraisemblablement attisé l'agressivité et l'intransigeance naturelle du jeune Draculea, qui fait empaler les notables soupçonnés d'avoir participé au complot contre son père, quand aux autres il les force à l'exode vers Poenari dans une marche exténuante, sans leur accorder le moindre repos, la plupart d'entre eux vont périr sur la route.

Son règne sera qualifié de celui du pal (en roumain Tepes signifie l' empaleur) une de ses méthodes pour mettre au pas ses sujets et les contraindre à respecter la loi.

Retour au combat

Bénéficiant de l'effet de surprise Vlad sera vainqueur d'une attaque contre les Turcs, ses amis d'avant, installés sur les rives du Danube, y tuant 30 000 hommes. En réaction le sultan Mehmed II lance son armée contre la Valachie

hélas aux portes de la capitale la puissante troupe butte sur une barricade de plusieurs dizaines de prisonniers turcs empalés.

Certains diront qu'ils étaient plusieurs milliers chose impossible au vu du nombre de soldats tués sur le fleuve, Vlad n'ayant pu faire que quelques prisonniers.

Les soldats sont paralysés de terreur, les officiers proposent au sultan de rebrousser chemin.

Le sultan "persuade" Radu de prendre la tête d'une armée constituée de turcs et d'opposants pour attaquer la Valachie, il forcera son frère à se réfugier dans la forteresse de Poenari.

Peu après ce dernier partira avec ses fidèles vers la Transylvanie, afin de s'allier au roi de Hongrie, Matthias Coruinus, celui ci le mets au arrêts et l'emprisonne à Visegrad (ou Buda), d'ou il sera libéré en 1476 après s'être converti au catholicisme et, on ne sait par quelles subtilités, en épousant Ileana une proche parente du roi.

La fin et les mythes

Quelques mois plus tard Radu meurt dans des circonstances dont on ignore tout, et Vlad récupère son titre de prince et le trône de Valachie.

En décembre il lève une armée pour se venger des humiliations turques, le sultan lui oppose une résistance avec une armée bien supérieure en nombre, il meurt aux portes de Bucarest sa tête tranchée envoyée en Turquie, sera exposée sur un pieu dans la capitale.

La cruauté et le sadisme attribué à Vlad vont donner naissance à des légendes et un folklore qui subsistent encore de nos jours, les faits qui lui sont reprochés étants exagérés par les hongrois et les turc.

Vlad n'était certes pas du genre enfant de choeur sa sulfureuse réputation prend racines dans la haine et le ressentiment de ses adversaires, le roi de Hongrie à encouragé la diffusion de chroniques attribuant à Vlad d'organiser des festins lors des exécutions massives.

En fait il n'a pas exécuté d'avantage que ses contemporains, il ne pouvait tolérer que les boyards(1) s'accrochent à leur privilèges.

Intransigeant de l'ordre et de l'honnête il punissait de mort selon la gravité des faits, et toute fortune récupérée était redistribuée aux plus démunis.

Si l'on se réfère aux chiffres avancés par certaines sources il auraient empalé plusieurs milliers de personnes … il n'y aurait plus eu beaucoup d'arbres dans le pays.

Conclusions

Vlad inspirera nombre de personnages en littérature comme au cinéma, mais tous sont toujours plus proches du modèle folklorique que de la réalité.

Le plus connu étant celui du roman de Bram Stocker publié en 1897, qui se fonde sur une rumeur disant que Vlad aurait pactisé avec le démon pour devenir "Vampyr" , diable en roumain.

Pour le folklore notons quelle pal est devenu le pieu, la seule arme pouvant tuer un vampire.

Selon des archéologues roumains Vlad aurait été enterré au monastère de Snagov, ou l'on a découvert le squelette d'un homme sans tête aux cotés d'une épée et les restes d'une cape pourpre. Sans autre preuve il s'agir probablement de sa sépulture.

Laissons le mot de la fin à l'auteur anonyme des "Histoires Slavones" : qui le décrit comme un voïvode(2) autoritaire mais juste qui aurait utilisé toutes les méthodes pour consolider un pouvoir central et faire régner l'ordre sur ses territoires.

(1)Seigneur russe, noble

(2)Titre donné aux gouverneurs et souverains en Europe centrale.

A lire : http://gabrielle-blanchard.suite101.fr/vlad-iii--le-vrai-dracula-a14330

Roumanie

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Paysage

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La campagne roumaine

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Statue

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Ruines

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