L'Encyclo du hard rock. Enfin !

Publié le par Daniel LESUEUR

On a coutume de dire que les Français sont à la traîne des Anglo-Saxons. C’est un peu vrai : il nous a fallu plus de quinze ans pour avoir, avec Téléphone, une réplique des Rolling Stones. Idem pour notre découverte du hard rock : les imports américains étaient inexistants et à un prix prohibitif. N’en déplaise à Peter Grant, manager de Led Zeppelin, qui clamait que la musique de ses poulains n’était pas de taille à se laisser saucissonner, c’est grâce au 45-tours qu’on a connu le Zep en dehors de l’Angleterre : un million d’exemplaires de « Whole Lotta Love » rien qu’aux Etats-Unis en quelques semaines. Ce refus, dans un premier temps, de sortir des extraits du premier album de Led Zeppelin, nous avait fait louper un épisode

Pour nous,Français, le hard rock a commencé avec Led Zeppelin « II »

Avant, le terme hard rock n’avait pas cours. Pourtant, qu’étaient donc les albums des Stooges, de MC5… et de Blues Magoos à qui Deep Purple a emprunté « We Ain’t Got Nothin’ Yet » pour le transformer en « Black Night » ? Et « Children Of The Sun », des Misunderstood ? Et « Sudden Life » de Man ? Ne dit-on pas, enfin, que « Stairway To Heaven » est en partie pompé sur « Taurus », publié en 1968 par le groupe Spirit dont le leader Randy California remplacera brièvement Richie Blackmore au sein de Deep Purple durant sa tournée américaine de 1972 ? Nous rattrapâmes le temps perdu en quelques mois. En 1970, radios et juke-boxes tressautaient sous les coups de boutoir de « Whole Lotta Love », « Black Night » et « Paranoid », à tel point que Black Sabbath passait plus souvent dans les bistrots parisiens que dans les pubs londoniens.

Replaçons-nous dans le contexte…

Le deuxième Zeppelin est sorti à peu près en même temps (octobre 1969) qu’« Abbey Road » des Beatles. Au magasin, en allant acheter le disque des quatre types qui traversent la rue, on ne pouvait pas ne pas être attiré par la pochette de ouf des types en costumes d’aviateur qui s’apprêtent à monter dans un dirigeable, ambiance première moitié du vingtième siècle avant la courte épopée du Hindenburg. Le premier Zep n’avait pas bénéficié d’une telle promotion involontaire (il était sorti début janvier 1969 aux Etats-Unis, fin mars en Grande-Bretagne). Et lorsque les Quatre de Liverpool avaient officiellement annoncé leur séparation au printemps 1970, la relève était assurée, le Zep était n°1 au hit-parade.

Sans oser penser que le hard resterait un courant mineur de ce que l’on appelait globalement la pop music, il était impossible d’imaginer qu’il ne faudrait que deux ou trois ans à Led Zeppelin pour composer la chanson qui allait remplacer « Yesterday » des Beatles au palmarès des chansons les plus diffusées à la radio. Et pourtant « Stairway To Heaven » dure huit minutes. Quand on sait la réticence des animateurs de radio à diffuser un titre qui dure plus de trois minutes, on réalise à quel point le Zep avait pulvérisé les réticences médiatiques.

La révolution était en marche

En un temps record, le rythme de parution des albums de hard passa de deux ou trois par mois, à quasiment autant par jour. L'auteur Thierry Aznar a consacré toute sa vie au hard rock : il a écouté des milliers de disques et en a sélectionné plusieurs centaines qui sont disséqués chronologiquement dans le premier tome de HARD ROCK & HEAVY METAL, 40 Années de purgatoire, un ouvrage de près de mille pages (on attend avec impatience le suivant). Pour en savoir plus, consulter le site de l'éditeur CAMION BLANC.

L'Encyclo du hard rock. Enfin !

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