Il y a cent ans, le 78-tours...

Publié le par Daniel LESUEUR

Avant de stabiliser à 78 tours, certains disques ont tourné jusqu'à... 120 tours à la minute ! A l’orée du vingtième siècle, le disque plat et le rouleau (ou « cylindre ») cohabitent. Il règne une certaine confusion quant au choix des marques : le problème, pour le consommateur, est que chaque firme commercialise des engins incompatibles avec ceux des concurrents. En France, on trouve surtout des cylindres dits "type standard" et des cylindres dits "type inter". Outre leurs différences de dimensions, leur vitesse de rotation idéale varie de l'un à l'autre : de 100 à 125 tours à la minute jusqu'à 1900 ... puis de 144 t/mn en 1900... et enfin 160 t/mn à partir de 1902. Cette grande vitesse de rotation permet de compenser le manque de dynamique et la bande de fréquence très étroite (performances à peu près égales à celle du téléphone aujourd'hui).

La durée moyenne d'écoute d'un cylindre est de deux minutes...

Sauf pour le Edison Amberol Four Minutes (1908), qui, comme son nom l'indique, peut durer quatre minutes... mais, en revanche, ne peut être écouté sur aucune autre machine sans risque de grave détérioration ! Au lieu de fidéliser la clientèle, la diversité des supports la rebute.

En 1906, Pathé réalise que le futur n’est pas dans le cylindre mais dans le disque plat, et imagine un stratagème permettant de transférer les enregistrements du cylindre sur disque. Les disques alors obtenus partent du centre et ont une vitesse de rotation assez élevée, de 90 à 100 tours/minute.

Ce système sera utilisé jusqu’à 1920

L’abandon du cylindre au profit du disque s’accompagne de quelques "couacs" La vitesse de rotation reste au début assez fantaisiste : si l'on peut sans problème écouter un 80 tours à la vitesse, fort proche, de 78 tours, les choses commencent à se compliquer lorsqu'on est en présence d'un 90 tours, d'un 120 tours ou, pire, d'un 140 tours-minute ! Pourquoi la vitesse de 78 tours s’est-elle imposée plus qu’une autre ? Par simple mesure d’économie pour le territoire américain : le moteur électrique synchrone alimenté en 60 Hz (fréquence utilisée aux U.S.A.) tourne à 3 600 tours/mn ; équipé d’un réducteur de rapport 46, le disque tourne très exactement à la vitesse de 78,26 t/mn.

Naissance du microsillon

Il existe deux moyens de stocker d’avantage de musique ou de dialogue sur un même disque : soit augmenter son diamètre, soit ralentir sa vitesse de rotation. Grâce au vinyl (1946), l’industrie discographique se remet en question... pour la bonne cause. A partir de cette date, deux nouvelles vitesses vont s’imposer : 45 et 33 tours. Mais cette dernière avait déjà été testée pour coïncider avec le lancement du cinéma parlant : les Américains, en 1929, virent fonctionner, dans les salles de cinéma, un enregistrement du chanteur de jazz Al Jolson sur disque d'un diamètre de 96cm et tournant à la vitesse de 33 tours à la minute.

Pour en savoir plus : http://www.editionsalternatives.com/site.php?type=P&id=460

Il y a cent ans, le 78-tours...

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