Pollution, CO², algues, et si on en faisait du pétrole?

Publié le par Josiane Baud

Les écologistes ont activé la sonnette d'alarme depuis longtemps : nous polluons et, par nos prélèvements, nous épuisons notre Terre. S'en remettra-t-elle?

Non , direz-vous , cela se saurait ! Tant d’études ont été faites, de chiffres rapportés et de conclusions pessimistes divulguées au grand public par les médias que, s’il y avait un tout petit fait un minimum positif, il a dû passer inaperçu...

« Changer le monde, tout un programme ! »

C’est le titre de l’excellent ouvrage de Jean-Marc JANCOVICI ingénieur de l’Ecole polytechnique ayant, entre autres, collaboré à l’élaboration du Pacte écologique de Nicolas Hulot en 2007. Il explique et analyse dans son livre sorti en 2011 (calmann-lévy), le cercle infernal dans lequel la Terre se trouve actuellement.

L’évolution technique que les hommes se sont appliqués à développer au cours de ces dernières décennies a apporté du bien être et de la facilité dans le travail, certes, mais tout cela au détriment de la nature, des animaux et de la flore.

Le constat est sévère : pollution de l’air, du sol et des eaux entrainant maladies, mortalité, dépenses de soins et d’entretien, voir de rénovation. Après des années florissantes, l’économie est en berne… Vouloir la relancer va encore plus polluer… Alors, que faire ?

Pollution, CO², algues…

Ces trois mots évoquent mort et désolation… Redoutées des aquariophiles dont elles sont la bête noire, les algues envahissent aussi les côtes et autres lieux aquatiques se trouvant à proximité de … sources de pollution ! Les villes, les usines, peu ou prou, en fonction de leur activité, sont d’éminents producteurs de CO².

Dans le monde miniature que représente un aquarium, les poissons polluent, comme tout être vivant, par leurs déjections surtout. En se dégradant en présence d’oxygène et de lumière, cette pollution, si elle est trop importante proportionnellement au volume d’eau va permettre l’apparition des algues.

A plus grande échelle, c’est ce qui se passe dans le monde. En conséquence de l’activité humaine qui ne cesse de s’accroitre et de polluer, la Terre ne pouvant augmenter ses capacités d’absorbtion et de retraitement, les villes souffrent de plus en plus d’une couche de pollution dûe au CO² émis, entre autres mais pas seulement, par les véhicules.

Les populations augmentant, les écoulements sanitaires polluent les milieux aquatiques et les autres déchets visibles à l’œil nu comme les décharges font maintenant partie du décor.

Co², photosynthèse et oxygène, les algues apparaissent et envahissent tout, elles sont maudites !

Oui, mais… Du mal viendra peut-être le remède ?

C’est Bernard Stroiazzo-Mougin qui a eu l’idée de se pencher sur cette éventualité . Président de BFS (Bio Fuel Systems) qu’il crée en 2006 à Allicante (Espagne), après trois ans de recherches françaises et espagnoles associées, il annonce la naissance d’un « bio petrole », appelé le Pétrole bleu.

Le principe est simple, il suffisait d’y penser !

Pollution émise en CO² + photosynthèse+oxygène= production d’algues. Il ne reste qu’à monter à très haute température cette pâte à base de phytoplancton, pour obtenir un produit d’une équivalence énergétique au pétrole que nous connaissons.

Tout est possible : essence, kérosène, plastique bio et autres produits dont la fabrication nécessite du pétrole. Cela fait rêver quand on sait qu’un seul baril d’huile produite dans ces conditions enlève 938 kg de CO² de notre atmosphère.

De plus aucun prélèvement dans la nature est nécessaire puisque c’est notre pollution produite qui engendre la culture des micro-algues ! Ainsi notre belle Terre pourrait se remettre de ses blessures et, cerise sur le gâteau, il n’est pas besoin de modifier les systèmes de combustion des véhicules !

Mars 2011 : annonce dans les médias.

Pour beaucoup d’entre nous l’annonce a dû passer inaperçue. C’est dommage, cela aurait remonté le moral de certains… Mais cela peut aussi faire peur à d’autres. L’économie mondiale est basée sur des échanges commerciaux dont le pétrole est roi, et ceux qui en tirent du bénéfice avec.

Il faudra sûrement beaucoup de persévérence, de temps, de finances et de courage pour ceux qui ont entrepris de donner une suite à ce projet.

Quant à notre Terre, il faut qu’elle puisse résister, espérons-le, ne dit-on pas que c’est ce qui fait vivre, espérer ?

annonce TV:

BFS.wmv - YouTube

Bio Fuel Systems (BFS), micro-algues + CO2, une révolution

Bernard Stroiazzo Mougin - Costa Rica Découverte

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Sylvie 17/03/2014 13:17

Oui, cela nous conduit encore et encore sur ce grand sujet de débat : les rois du pétrole (entre autre) accepterons t-ils dans un futur proche de s'en mettre moins dans les poches, pour enfin laisser les idées innovantes et moins polluantes se développer plus rapidement.