Un formidable livre sur Bashung (rencontre avec l'auteur le 19 novembre)

Publié le par Daniel LESUEUR

Bashung est aujourd'hui un artiste culte. Culte et célèbre... ce qui est souvent incompatible. Il ne s'agit certes pas d'une définition implacable, mais le terme "artiste culte" a coutume d'être appliqué à des génies totalement ignorés du grand public ... Des artistes décalés qui sont restés en marge, volontairement ou non : Syd Barrett est devenu fou, Gérard Manset n'a jamais donné un seul concert et n'a plus remis les pieds sur un plateau de télé depuis un quart de siècle. Bashung était bien parti pour rester, lui aussi, dans l'ombre. Etait-ce délibéré ?

La carrière de Baschung est un iceberg musical.

Tout le monde connaît la partie émergée de sa carrière, c'est-à-dire tout ce qu'il a enregistré après son premier tube, "Gaby, oh Gaby", mais personne ne sait vraiment qu'il a enregistré auparavant une longue série de 45 tours n'ayant pas marché du tout. Bashung est un véritable miraculé : "Gaby" représentait sa dernière chance. Si cette ultime tentative n'avait pas marché, sa maison de disque, qui perdait de l'argent avec chacune de ses nouvelles publications, aurait résilié son contrat. On peut donc dire que sans Gaby il n'y aurait pas eu de Bashung ! Pour comprendre comment il a enfin accédé à la notoriété, il faut suivre son parcours cahotique, de la naissance au premier disque en 1966 puis de 1966 à Gaby... pardon, à 1980.

Déraciné

Alain Claude Baschung est né à Paris en 1947. A l'instar d'un Johnny Hallyday ou d'un John Lennon, Alain n'a pas connu son père. Mais tandis que John et Johnny purent, au moins, s'en faire un deuil (leurs géniteurs ayant attendu qu'ils soient célèbres pour se rappeler à leurs bons souvenirs), Alain, lui, restera à tout jamais dans le flou, mais prendra le choc de plein fouet au moment où il s'y attendait le moins. Longtemps persuadé d'avoir un papa dans le pétrin, la farine et la boulange, on lui assène la triste vérité : il est vraiment de père inconnu...

- Pendant longtemps, je me croyais 100% alsacien. Et puis, adolescent, un oncle m'a appris qu'en fait j'étais un petit bâtard. (...) Mon père est l'une de mes zones d'ombre. On m'a dit qu'il était kabyle, je n'en sais pas plus (Jukebox Magazine n°75).

Il va devoir faire avec, vivre avec... enfin, plutôt "sans". De toute façon, il est déjà un petit peu apatride, déraciné. Il est né à Paris, mais on l'envoie immédiatement en Alsace, presque en Allemagne.

Il jette le boulier aux orties

Prétendument destiné à la carrière de comptable (ou, en tout cas, d'un métier fort respectable), Alain se voit offrir une guitare le jour de ses quinze ans. En perdant un gratte-papier, la France gagnait un gratteur de partitions. Nous sommes fin 1962, Alain a quinze ans et il ne va pas lui falloir longtemps pour s'intégrer à son premier groupe de rock. Le rock, ce fut une révélation pour lui qui, vivant en Alsace, était jusque là abreuvé par toutes sortes d'autres rythmes diffusés par les stations de radio d'outre-Rhin : musique classique, accordéon, variétés, chanson française.

L'erreur à ne pas commettre !

La même année, il assiste à deux concerts. Deux seulement, mais pas n'importe lesquels : ceux de Edith Piaf et de Gene Vincent. Ces deux personnalités, Piaf et Vincent, semblent avoir modelé Bashung tout autant l'une que l'autre. D'ailleurs, sa "marraine", chez Philips, ne sera pas franchement rock'n'roll 100%, puisqu'il s'agit de Juliette Gréco. Entre rock'n'roll et chanson française, quelle voie choisirait-il ?

En attendant, il fait ses premières armes au sein d'un groupe local, les Dunces, avec qui il reste jusqu'à 1965. Il se sent prêt alors pour la grande aventure et monte à Paris... Cette fantastique épopée, du début à la fin, est racontée dans un livre qui sort aujourd'hui : "Bas(c)hung, Une vie" de Jean-Jacques Jelot-Blanc, son ami dès ses débuts (cliquer ICI pour le livre). Jean-Jacques rencontrera les fans et dédicacera son livre le 19 novembre (voir document).

Un formidable livre sur Bashung (rencontre avec l'auteur le 19 novembre)
Un formidable livre sur Bashung (rencontre avec l'auteur le 19 novembre)

Publié dans musique

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Commenter cet article

Phil06 25/03/2014 10:48

Il a pas mal écrit ou composé pour d'autres aussi je crois...comme Manset...Il a raconté aussi qu'à l'époque de ses débuts , les ingénieurs du son français (habitués à la variété ou au yéyé
) ne comprenaient pas ce qu'il voulait...

Phil06 25/03/2014 10:46

C'est un peu court...dommage ! Son premier album, très original et de grande qualité, a quand même eu un certain succès auprès des vrais amateurs et a marqué son époque; il me semble me souvenir de bonnes chroniques dans Best ou R&F.D'ailleurs je l'avais acheté après avoir sans doute entendu un titre en radio "toujours sur la ligne blanche" ou "Bijou, bijou"...