Huppe fasciée, Upupa epops, un oiseau du ciel superbement coloré

Publié le par Josiane Baud

Méconnue du grand public, la Huppe fasciée peut aujourd'hui être observée, avec beaucoup de patience et de discrétion, dans le calme de nos campagnes.

Lorsqu’on parle, dans nos contrées, « d’oiseaux du ciel », on ne fait généralement pas allusion à des espèces exotiques, richement parées de dessins aux couleurs chatoyantes. Il y a pourtant, entre autres, la Huppe fasciée, Upupa epops.

Quelles sont ses origines ?

Ce superbe oiseau est arrivé des pays chauds, comme le sud de l’Afrique et l’Asie. C’est un migrateur qui aime la chaleur mais déteste les sècheresses estivales. Il peut se sédentariser, pendant plusieurs années, si le lieu et la température lui conviennent. Le réchauffement climatique de ces dernières décennies fait que l’on peut maintenant l’apercevoir en France, surtout dans le Sud, le Sud-Ouest et même le Sud-Est, où a d’ailleurs été prise la photo illustrant cet article.

Une parure étonnante pour Upupa epops

Ce n’est pas un petit oiseau. D’une taille proche des 30 cm pour une envergure de plus de 40, il se pare de magnifiques couleurs, très voyantes.

Le corps est jaune rosé et les plumes des ailes, une alternance de noir et blanc, rappellent les capes amples et les manteaux de fourrure de certains rois d’autrefois.

Sa tête est ornée d’une huppe qu’elle tient baissée en général mais qu’elle relève au moindre danger, ce qui de profil, ressemble d’ailleurs à une couronne !

On pourrait donc penser que, si elle est là, il est impossible de la rater… Erreur !

« Pour vivre heureux, vivons cachés », telle pourrait être la devise de la Huppe fasciée

Privilégiant les haies libres, les beaux troncs d’arbres ou les vieux murs de pierres pour se loger, elle s’y installe et surveille les clairières, les prairies, ne sortant à découvert que quand le moment est propice.

Elle s’envole à la moindre alarme, au moindre bruit suspect, dans un vol souple et gracieux qui donne l’impression qu’elle se laisse porter par le vent, discrètement, pour ne pas attirer l’attention…Mais elle est capable de performances étonnantes en vitesse et en altitude si nécessaire.*

Ce n’est pas tant son physique que son cri qui signale la présence de la Huppe fasciée

On dit qu’elle pupute. C’est la répétition d’un son trois fois de suite , de manière assez forte. Quelque chose comme : « toup toup toup » « toup toup toup »**…Alors là, forcément, vous tendez l’oreille et cherchez des yeux l’auteur de cette étrange mélopée si rythmée. Souvent en vain car, malin, l'oiseau s’arrange pour mettre un obstacle visuel entre vous et lui !

Reproduction, alimentation de la Huppe fasciée

Ce n’est pas un grand bâtisseur, question confort, ses besoins sont minimums: un espace protégé, dans un mur ou un arbre, avec une ouverture suffisante pour laisser le passage, fait l’affaire… La ponte a lieu au printemps. Quelques œufs, rarement plus d’une demi-douzaine que la femelle couve pendant que le mâle part au ravitaillement.

Exclusivement carnivore, cet oiseau se nourrit de larves d’insectes, de vers qu’il déloge du bois ou de la terre à l’aide de son bec pointu. Il aime à fréquenter les potagers où escargots et limaces se prélassent. (Donc bienvenue au jardin, Huppe fasciée!)

Protégée par l’annexe II de la Convention de Berne, l’espèce Upupa epops compte entre 30 000 et 40 000 couples en France.

En regardant bien, on devrait donc avoir la chance d’arriver à en voir au moins un spécimen dans notre vie.

* Aurélien Bour « Oiseaux passion » (Animalia Editions)

** HUPPE FASCIEE, UPUPA EPOPS

Du même auteur:

Les méduses, créatures aquatiques ne sont pas si mystérieuses, leur prolifération pourrait être gérée si l'on voulait bien s'y intéresser...

Une Huppe fasciée profitant d'un temps pluvieux pour s'aventurer près d'une habitation...

Une Huppe fasciée profitant d'un temps pluvieux pour s'aventurer près d'une habitation...

Commenter cet article