Du neuf sur la mort de Kurt Kobain

Publié le par Daniel LESUEUR

Le 3 mars, la police de Seattle a dévoilé des photos prises en juin 2015 montrant l'arme qu'a utilisée le chanteur.

Une dépêche datée du 21 mars 2014 nous apprend que quatre rouleaux de pellicule saisis sur les lieux de sa mort viennent d'être retrouvés au bureau de police de Seattle et viennent d'être développés. La police va rouvrir l'enquête

Il est entré dans la légende pour avoir, dès son deuxième album en 1992, délogé Michael Jackson de la première place du hit-parade. Kurt Cobain reste inoubliable, ne serait-ce qu’en raison de son départ précipité.

Sa fin n’a étonné personne.

Une overdose aurait certes semblé plus logique mais un suicide n’est pas véritablement surprenant de la part d’un type qui voulait intituler son album « I Hate Myself And I Want To Die » (« Je me déteste et je veux mourir »). Finalement ce fut « In Utero » qui fut choisi pour titre de son dernier album, non pas pour des raisons de convenance ou de bon goût mais pour des considérations d’ordre strictement commercial voire juridique : “Avec un titre pareil, il suffit qu’un seul gosse se donne la mort et nous nous serions retrouvés au tribunal”, expliqua Cobain.

Les dernières semaines de la vie de Kurt sont particulièrement pathétiques…

Le 3 mars 1994, à Rome, il manque de passer le point de non-retour, un cocktail détonnant de champagne et de tranquillisants le plongeant dans le coma durant près de 24 heures. Le 18 mars, de retour aux Etats-Unis, dans sa ville natale d’Aberdeen, à cent kilomètres de Seattle, il laisse libre cours à sa force d’auto-destruction, s’enfermant chez lui et menaçant de se tirer une balle dans la tête. Sa compagne Courtney Love (chanteuse du groupe Hole) prévient alors les forces de l’ordre qui confisquent son arsenal (quatre armes à feu) et un flacon de barbituriques.

Il est placé dans une clinique pour subir une cure de désintoxication.

Le 1er avril, c’est, cette fois, la mère de Kurt qui alarme les autorités : sans nouvelle de son fils depuis qu’il s’est enfui du centre de soins, elle vient d’apprendre qu’il a racheté de nouvelles armes à feu. Trop tard : il est retourné chez lui et s’est tiré une balle dans la tempe. Méthodique, afin d’éviter toute confusion au moment de l’identification du corps, il a laissé près de lui son permis de conduire, un exemplaire de son dernier disque et un mot d’explication : “Mieux vaut s’embraser que se désagréger”.

Un électricien venu effectuer des réparations découvre le cadavre.

Mais mort il fera autant de raffut que vivant, au point que sa veuve sera dans l’obligation de faire démolir sa maison, devenue un lieu de pèlerinage et de ralliement pour ses admirateurs éplorés qui tentaient en permanence de pénétrer à l’intérieur.

Comment expliquer son geste ?

Après coup, on peut bien sûr pratiquer une relecture des évènements qui ont précédé l’instant tragique : il n’était heureux, ni en couple, ni professionnellement. Donc il se suicide ! N’empêche que les gens malheureux en couple et au boulot, ne se suicident pas pour autant. On relit sa dernière interview, qui fait état de la dégradation de ses relations avec Courtney Love et au sein du trio musical Nirvana. Mais ça n’explique pas tout, même si l’on y ajoute les relations soi-disant médiocres avec sa maison de disque Geffen Records, une multinationale qui n’a évidemment pas le temps de materner ses artistes. Elliott Smith menacera bien sa maison de disques de suicider si elle ne déchirait pas son contrat. Alors pourquoi pas le même schéma pour Kurt ? Or au contraire, il semblait plutôt satisfait :

“Chez Geffen, on a rencontré de vrais connaisseurs, avait-il déclaré à Rock & Folk en 1992, incontestablement c’était la major la plus underground possible”.

Personne, d’ailleurs, ne l’avait obligé à tirer un trait sur ses débuts sur la petite firme Sub Pop.

Il était simplement à côté de la plaque.

Kurt Cobain semblait traverser la vie sans être vraiment concerné, ni par lui-même, ni par ce qui l’entourait, ni par ceux à qui il devait la renommée : lorsqu’il en eut marre de jouer « Smells Like Teen Spirit » sur scène, il ne s’y obligea pas, sans le moindre égard pour ceux qui avaient payé pour l’entendre.

Ennui et lassitude étaient son lot quotidien.

« Le comble de l’ennui, c’est le divertissement », écrivait Pascal. “Entertain us » (“amusez-nous”) répond Cobain dans « Smells…» extrait de l’album intitulé « Nevermind », que l’on pourrait traduire par “peu importe”. Il avait tout dit !

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