The Rivers Of Babylon, plus gros hit de 1978

Publié le par Daniel LESUEUR

En pleine mode punk, nul ne s'attendait à voir déferler la mode disco. Les presses à disques ne furent plus capables de fabriquer autant de disques qu'il aurait fallu !

Replongeons-nous dans la seconde moitié des années 70... La musique d’origine noire américaine (soul music, rhythm’n’blues, Tamla-Motown) se vend correctement et régulièrement depuis une quinzaine d’années, mais le dernier vrai grand tube de James Brown ("Sex Machine") remonte à 1970. Bref la musique à faire danser marque le pas et ses ventes de disques s'effritent. Pire, en 1977, la mode est au punk.

D'avis d'expert, la mode n'est certainement pas à la “dance music”

Tout au moins c’est ce que l’on croit, en toute bonne foi : à part les Bee Gees et Donna Summer, aucun autre grand nom ne domine les hit-parades. Boney M commence, à peine, à être connu.

Qui sont-ils ?

Boney M est constitué de Bobby Farrell, chanteur originaire des Caraïbes, et de trois choristes : Liz Mitchell, Marcia Bannett et Maizie Williams. Leur premier tube, "Daddy Cool", est rentré dans le Top 10 en février 1977... Le deuxième, "Sunny" (reprise en disco d’un tube déjà “dance” de 1966) grimpe à la 3e place des meilleures ventes en avril... Leur 45 tours suivant, "Ma Baker",est n°2 en Juillet... A peine les spécialistes commencent-ils à voir en Boney M de futures grandes vedettes que leur succès, déjà, décroît.

Leur quatrième hit, en effet, constitue une déception

"Belfast", quatrième succès du groupe, marque un net recul, ne montant pas plus haut que 12ème dans les hit-parades. On pense, légitimement, que la carrière de Boney M s’essouffle au bout d’un an seulement. Or les voici qui enregistrent "Rivers Of Babylon" que tout chroniqueur musical, objectivement, n’aurait trouvé, ni meilleur, ni pire que le reste de leur production habituelle. Mais le public, lui (pour quelle raison ?) s’enflamme pour ce titre que le groupe jamaïquain The Melodians avait enregistré vers 1969 ou 1970 pour le producteur Leslie Kong, et qui ne devint accessible à un niveau international qu'à partir de 1972 lorsqu'il parut sur la bande originale du film de Perry Henzell The Harder They Come.La fièvre monte à El Disco !

En mai 1978, les demandes pour ce 45 tours sont telles que la firme WEA, pourtant puissante, n’arrive pas à “assurer”. Les huit presses à disques britanniques, notamment, sont à bout de souffle : en une semaine, il leur aurait fallu confectionner 700 000 exemplaires pour l’Angleterre, 500 000 pour la France, et un million pour l'Allemagne. "Rivers Of Babylon" est le premier disque à avoir fait disjoncter une industrie qui n’avait rien connu de tel depuis les Beatles.

La face B, "Brown Girl In The Ring", redonna un coup de fouet au disque

Alors qu’il commençait à descendre dans les hit-parades au mois de juillet, le disque y remonta, simplement parce que les programmateurs de radio et les DJ’s des discothèques l'avaient retourné (geste qu’on ne fait plus depuis l’avènement du CD).

L’industrie discographique ne s’attendait pas à ce que le disco déferle sur le monde avec autant de puissance... et de rapidité. En 1977, on comptait 4 tubes disco parmi les vingt meilleures ventes de disques. En 1978, il y en avait 8... Et en 1979, seulement 5. La fièvre du samedi soir s'était apaisée !

L’envers du décor, le revers de la médaille

On apprendra plus tard que Boney M était un « coup », une image mais pas de véritables chanteurs. Bobby Farrell, décédé le 30 décembre 2010, n’était que danseur, il détestait chanter et ne l’a jamais fait. Il mimait en playback car la voix qu’on entendait était celle de son producteur Frank Farian. Pareil pour les filles : ce sont des potiches ! Maizie Williams n’a jamais chanté, et Marcia Bannett était surtout choriste. Mais ça n’a pas empêché le groupe de vendre 150 millions de disques !

The Rivers Of Babylon, plus gros hit de 1978

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