Quand l'Angleterre s'enflamma pour le reggae

Publié le par Daniel LESUEUR

En Europe, le premier hit de ska fut «My boy Lollipop» par Millie, dite Millie Small, en 1964. Ce fabuleux rythme jamaïquain revint ensuite trois ans plus tard, avec «Give and take» de Jimmy Cliff et «007 » de Desmond Dekker…

Un article à lire en musique: en cliquant sur chaque titre surligné, vous découvrirez ces merveilles de 1969 et 1970 pour la plupart inconnues en France.

Desmond Dekker, inoubliable

Il obtient un succès mondial en 1969 avec «Israelites», n°1 en avril, et puis à nouveau très bien classé durant l’été avec «It Miek» (n°7 en juillet), commençant par quelques notes de l’Ave Maria.

Desmond, durant l’été, est en compétition avec son compatriote Max Romeo dont le hit (hit malgré lui!) était interdit de diffusion en raison de son titre, «Wet Dream» (rêve mouillé, rêve érotique). Sans aucun passage à la radio, il parvint à la 10è place du hit-parade au mois d'août.

Mais reconnaissons qu’avec 4 ou 5 hits en 5 ans, on pouvait difficilement proclamer que le reggae avait conquis le Vieux Continent. Or en 1970, les Jamaïquains étaient de plus en plus nombreux en Grande-Bretagne et, en quelques mois, ils allaient bouleverser le hit-parade britannique. Une véritable invasion pacifique, un feu d’artifice de rythme!

N°10 en janvier 1970: Harry J. All Stars “The Liquidator

Il s’agit d’un titre instrumental absolument vivifiant… mais pas autant que «The Return of Django» par les Upsetters qui avaient ouvert la voie, grimpant à la 5è place du hit-parade en novembre de l’année précédente. Enfin, c’est un choix : on peut préférer le sax des Upsetters ou l’orgue de Harry J. Les deux sont toujours bons à réécouter quarante ans plus tard.

N°5 en avril, Bob and Marcia: «Young, gifted and black»

Il s’agit de la superbe reprise d’une chanson de Nina Simone, un chant incitant les Noirs au courage et à la fierté. En face B du vinyl original, la version instrumentale pour vous permettre de faire votre propre karaoké.

Schocking!

L’affaire ne fit pas autant de bruit que la reprise, en reggae justement, de la «Marseillaise» par Gainsbourg. Néanmoins il y eut quelques grincements de dents lorsque Boris Gardiner s’avisa d’interpréter son «Elizabethan reggae», une sublime pièce de musique légère de Ronald Binge composée en 1951 et considérée depuis comme intouchable. Du fait la version de Gardiner ne grimpa pas plus haut que la 14è place au mois de mars.

Septembre 1970

Citons le très joli score de Jimmy Cliff, n°8 avec « Wild World »… mais il ne s’agit pas d’un reggae, mais bel et bien d’une superbe composition de Cat Stevens. En revanche, aucun doute en ce qui concerne la chanson que Jimmy a écrite, « You can get it if you really want », et qu’il a confiée à Desmond Dekker, encore un succès (n°2). Et pour prouver que ce mois de septembre est vraiment favorable aux artistes jamaïcains, on voit entrer dans les classements Bobby Bloom, un Jamaïcain blanc, avec «Montego Bay» qui sera n°3 en octobre.

Octobre: ça continue!

Entrée peu fracassante de «Black Pearl» par Horace Faith, mais le titre grimpe quand même jusqu’à la 13è place. Mais après?

Curieusement la folie reggae se calmera : aucune entrée au hit-parade avant le mois de mai 1971, un n°1 pour Dave and Ansel Collins, «Double Barrel».

Quand l'Angleterre s'enflamma pour le reggae
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