La cote des autographes des Beatles

Publié le par Daniel LESUEUR

Un disque dédicacé par les quatre Beatles se vendait 5 000£ en 1997 et 25 000£ en 2008. Mais, gare aux imitations de signatures...

Valeur des autographes des Beatles : authentiques et faux

Le mensuel britannique Record Collector (n°221) commençait ainsi son article intitulé "Beatles signatures": "De nombreuses signatures des Beatles aujourd’hui sur le marché ne sont pas authentiques, y compris certaines qui furent vendues aux enchères dans des galeries mondialement réputées. Le plus drôle est que la plupart de ces "faux" émanent directement de l’entourage des quatre artistes, même si d’autres sont le fruit d’habiles faussaires".

La cote des autographes des Beatles

Bien que collectionnés depuis près d’un demi-siècle, les amateurs restent insatiables: malgré une cote très élevée, elle continue de grimper. Etudions les périodes: un disque dédicacé par les quatre Beatles se vendait 5 000£ en 1997 et 25 000£ en 2008. Or, c’est dans ce cas précis que la plus grande prudence est conseillée: même à 25 000£, qu’est-ce qui prouve l’authenticité d’une dédicace des Beatles? Rien!

Beaucoup de faux en circulation

Avez-vous, dans les années 60, assisté à un concert des Beatles? En fin de soirée, le, ou la, secrétaire des artistes distribue des dizaines voire des centaines de photos dédicacées qu’il avait signées lui-même en imitant les signatures des artistes. Vous imaginez aisément que des gens comme les Beatles auraient dû consacrer chaque jour plusieurs heures à signer des photos tant le nombre de leurs admirateurs était élevé.

Des imitations de signatures lors des concerts

Frank Roscoe travaille pour les Beatles en 1962 et 1963. Il se rappelle très précisément un concert à Northwich à l’issue duquel les fans étaient si nombreux que Brian Epstein, manager du groupe, demande à leur homme de main Neil Aspinall de signer des piles de photos pendant que les Fab' Four sont sur scène. Alors, nombre de faux réalisés rien que ce soir-là? Les centaines de gamins repartis ce soir-là avec une photo dédicacée de leurs idoles jurent à l’authenticité de leur document puisqu’ils ont assisté au concert.

Neil Aspinall, ami fidèle dès 1961

L’homme n’a jamais quitté les Beatles. On considère qu’il a, à lui tout seul, signé plus de photos que les Beatles réunis. Il lui faut attendre des années après la séparation du groupe (1970) pour prendre conscience qu’il a, de la pointe de son stylo, engendré un marché potentiel de plusieurs millions de livres sterling. Cela dit, les fans perspicaces ont l’œil. Ils ont compris qu’à moins d’avoir vu les 4 Beatles signer devant eux, ils risquent de se trouver en présence d’un faux.

Aspinall ne fut jamais au top

Une fois qu’on put obtenir (en photocopie, c’était suffisant) d’authentiques signatures des artistes, on s’aperçut que, si celles de Ringo et de George étaient parfaitement imitées, celles de Paul et de John ne l’étaient pas. Du coup, ceux qui se feraient rouler étaient prévenus ! Mais bientôt on réalisa que tout était beaucoup plus compliqué !

Les vrais-faux autographes

Les signatures les plus « ratées » étaient parfois les vraies. Expliquons-nous: il est arrivé qu’un seul Beatles signe pour les 4 (exemple : illustration n°1). Paul McCartney qui signe pour les quatre, le résultat donne une excellente, indiscutable signature de… Paul, mais les trois autres sont horribles!

Pour authentifier la signature de Lennon

En général, John laissait son "o" ouvert. S’il est fermé, vous êtes certainement en présence d’un "faux".

Pour les vrais gogos…

Le fan club des Beatles distribua des dizaines de milliers de photos dédicacées. Mais… elles étaient imprimées. Là, il faut être très naïf pour ne pas faire la différence!

L’arrivée des faussaires

Ce n’est qu’au début des années 90, lorsque vraiment les dédicaces des Beatles valaient un gros paquet de livres sterling, que les faussaires s’attelèrent à la tâche. Mais là encore, deux trucs pour aiguiser la méfiance :

1° un faussaire ne dédicacera jamais un document rare et coûteux, de peur de le rater et de perdre la somme de l’investissement. Le faussaire travaillera sur une pochette de disques qu’il aura payée quelques dollars, mais jamais sur un programme de concert ou sur une affiche qui vaut déjà, sans signature, plusieurs centaines de dollars ou de livres

2° on a constaté que les faussaires ont l’habitude de laisser toujours le même espace entre les quatre signatures… alors que les Beatles se fichaient complètement de laisser 2 ou 3 centimètres entre leur signature et celles de leurs amis !

Un ordre d’idée des cotations

Un "faux" signé par Neil Aspinall vaut quand même environ 100€ ; c’est mieux que rien! Un "faux" malhabile mais avec les 4 signés par McCartney vaut 2 à 3 fois plus. Et un authentique des 4, on l’a vu, vaut jusqu’à 25 000 £. Mais quel casse-tête! Car un vrai spécialiste, pour compliquer encore plus notre histoire, vous apprendra que les signatures des quatre ont, chacune, pas mal changé au fil des ans. Donc, sans la date, votre document est pratiquement impossible à authentifier.

Détail morbide : l'exemplaire du 33 tours Double Fantasy de
Chapman que John lui avait dédicacé, et qui porte les empreintes
digitales de l'assassin n'est plus, dès lors, une pièce à conviction
mais... une pièce de collection, qui fut proposée à une vente aux
enchères pour la somme d'environ dix millions de francs.

Un "presque" faux : les 4 signatures ont été faites par Paul McCARTNEY !

Un "presque" faux : les 4 signatures ont été faites par Paul McCARTNEY !

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